Introduction
L’isolation du bâti ancien est un sujet sensible. Les logements construits avant 1948 représentent une part importante du parc français. Pierre, pisé, mâchefer ou terre crue ont été utilisés selon les régions. Ces matériaux ont un comportement thermique et hygrométrique très différent du bâti moderne en béton. Appliquer des solutions standard peut provoquer des désordres graves. Le rôle du référent aide à la rénovation (RAR) est d’orienter vers les bonnes méthodes, au bon moment, avec les bons professionnels.
Comprendre le bâti ancien avant d’isoler
Le bâti ancien se distingue par des murs épais mais peu isolants. Un mur en pierre ou en pisé de 50 cm équivaut thermiquement à environ 2 cm d’isolant. Sa performance estivale est bonne grâce à son déphasage thermique, mais cela ne signifie pas qu’il soit performant en hiver.
Contrairement aux idées reçues, l’épaisseur n’est pas un gage d’isolation. Ces murs sont denses, contiennent peu d’air et isolent donc mal. En revanche, leur inertie apporte du confort d’été. Une rénovation énergétique doit donc viser à réduire les déperditions hivernales sans bloquer les échanges de vapeur d’eau.
Les erreurs fréquentes à éviter absolument
De nombreuses pathologies observées aujourd’hui sont liées à des rénovations inadaptées. Les solutions issues du bâti moderne sont souvent incompatibles avec le bâti ancien.
Les principales erreurs constatées sont :
L’application d’enduits ciment ou de revêtements étanches
L’utilisation de polystyrène ou d’isolants non perspirants
La pose d’une isolation intérieure sans ventilation adaptée
Les murs anciens fonctionnent sans coupure de capillarité. L’eau circule naturellement dans les matériaux et doit pouvoir s’évacuer. Bloquer cette circulation entraîne condensation, moisissures et dégradation des murs.
L’humidité : le point clé à diagnostiquer avant travaux
Avant toute isolation, un diagnostic complet est indispensable. Trois grandes sources d’humidité sont identifiées.
La condensation liée à l’occupation est fréquente. L’activité humaine génère de la vapeur d’eau. Sans ventilation efficace, cette vapeur condense sur les parois froides. Une VMC fonctionnelle est donc prioritaire.
Les matériaux incompatibles sont une autre cause majeure. Les dalles béton, enduits ciment ou isolants synthétiques empêchent le mur de respirer. L’humidité peut alors remonter jusqu’aux poutres.
Enfin, l’eau de pluie peut s’infiltrer par une toiture dégradée, des gouttières bouchées ou des fissures dans les enduits. Ces points doivent être traités avant toute isolation.
Isoler la toiture : le poste prioritaire
La toiture est responsable d’une part importante des déperditions thermiques. Dans le bâti ancien, l’isolation peut se faire en combles perdus, sous rampants ou par l’extérieur (sarking).
Il est recommandé de viser un déphasage thermique d’au moins 10 heures pour éviter les surchauffes estivales. Les matériaux les plus performants sont, par ordre croissant :
Ouate de cellulose
Chanvre ou lin
Fibre ou laine de bois
Liège expansé
Isolation des murs : ITI ou ITE ?
Isolation thermique par l’intérieur (ITI)
L’ITI est moins coûteuse et conserve l’aspect extérieur. En revanche, elle réduit la surface habitable et refroidit le mur, augmentant le risque de condensation. Elle nécessite une parfaite continuité du frein-vapeur hygrovariable et une ventilation maîtrisée.
Isolation thermique par l’extérieur (ITE)
L’ITE protège les murs du gel et de la pluie, supprime les ponts thermiques et conserve l’inertie. Elle est plus performante mais plus coûteuse et parfois limitée par des contraintes patrimoniales.
Adapter l’isolation au matériau existant
Le choix de la méthode dépend du matériau.
Pour le pisé, l’ITE doit rester ouverte à la diffusion de vapeur. En ITI, toutes les conditions de protection contre l’humidité doivent être réunies.
Pour la pierre, deux catégories existent :
Pierres poreuses (calcaire, grès tendre) : isolants perspirants et enduits à la chaux obligatoires
Pierres non poreuses (schiste, ardoise) : plus grande liberté, sous réserve d’un diagnostic préalable
Pour le mâchefer, matériau très poreux, des isolants ouverts à la vapeur sont recommandés. Le polystyrène n’est envisageable que dans des cas très spécifiques et contrôlés.
Les planchers bas : un levier souvent oublié
Les planchers sur terre-plein ou cave voutée sont souvent responsables de pertes importantes. Une rénovation est l’occasion de créer un plancher isolé, respirant et sans remontées capillaires.
Les solutions adaptées incluent :
Bétons isolants à base de chaux et chanvre
Granulats de pierre ponce
Liège expansé
Chiffres clés et déperditions
Dans le bâti ancien non rénové, les déperditions se répartissent principalement ainsi :
Murs : premier poste de perte
Toiture : second poste
Étanchéité à l’air et ventilation : troisième poste
Ces données montrent l’importance d’une rénovation globale cohérente, plutôt qu’une succession de travaux isolés.
Le rôle du référent aide à la rénovation (RAR)
Le RAR intervient pour sécuriser le parcours de rénovation. Il aide à interpréter le diagnostic, à prioriser les travaux, à mobiliser les aides financières et à éviter les erreurs techniques.
Il oriente vers des artisans compétents, formés au bâti ancien, capables de justifier leurs choix techniques et de présenter des références de chantiers similaires.
Conclusion
Isoler le bâti ancien ne s’improvise pas. Chaque maison est unique. Une rénovation énergétique réussie repose sur un diagnostic précis, des matériaux compatibles et une stratégie globale. En s’appuyant sur un référent rénovation, les particuliers et les artisans peuvent sécuriser les travaux, améliorer la performance énergétique et préserver durablement le patrimoine existant.
Cet article a été élaboré avec l’appui d’outils d’intelligence artificielle afin d’assister la structuration, la reformulation et la synthèse de contenus techniques. L’ensemble des informations présentées a été relu, vérifié et validé par l’auteur, qui en assume pleinement la responsabilité.

